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Zoanthropes #1, La Métamorphose de Matthias Rouage




Auteur : Matthias Rouage
Date de publication : 2013
Editions : Scrineo jeunesse
Pages : 313
Mon avis: 


* Un éclair orange fusa du canon et entoura le corps de la jeune fille, qui se sentit soudain parcourue par une sensation de bien-être, comme si pour la première fois de sa vie, elle était entière et complète. Elle avait l'impression de pouvoir enfin connaître chaque partie de son corps et de les contrôler. Elle entendit un craquement d'os, mais ne ressentit aucune douleur. Ses vêtements se déchirèrent au fur et à mesure de sa transformation. Elle jeta un œil à la salle et aux étudiants. Elle se rendit compte qu'ils étaient comme hypnotisés. Lorsqu'elle voulut s'adresser à la directrice, une mélodie étrange et émouvante envahit la salle. Plus elle articulait et plus la mélodie se faisait belle et envoûtante. Elle écouta alors à son tour les sons qu'elle produisait. C'était la plus belle musique qu'elle ait jamais entendue. *


Shina Sirkis vit dans un monde futuriste où les Zoanthropes, créatures hybrides mi-hommes mi-bêtes, sont traqués par les humains.
Le jour de son entrée à l'université, elle est angoissée... Son amie vient de se transformer et a été abattue par son père, un intervenator.
El sait que si le test de dépistage obligatoire s'avère positif, il n'hésitera pas à tuer sa propre fille...
Une aventure haletant avec une tension dramatique permanente, où une série de rebondissements mêle complots, trahisons et organisations secrètes. Autant d'obstacles que devra affronter Shina qui, très vite, se révèlera... Unique.

Un mélange parfaitement équilibré

Que se passerait-il si une guerre entre les humains venait à causer des dommages irréversibles à la Terre, n’y laissant que deux continents émergés ? Si une arme extrêmement puissante avait entraîné des mutations génétiques chez certains survivants, donnant ainsi naissance à des créatures hybrides mi-homme, mi animal ?
Voici l’idée de base de Zoanthropes, la Métamorphose, premier roman de Mathias Rouage. Et il faut dire que le début de cette saga est une vraie réussite : une combinaison d’action, de réflexions sur des thèmes actuels et de descriptions d’un monde futuriste qui ressemble finalement étrangement au nôtre... Un mélange parfaitement dosé qui nous entraîne à toute allure au cœur de l’univers zoanthropique de la première à la dernière page. Impossible de s’arrêter.

Un univers futuriste divisé

L’histoire commence sur le continent peuplé par les humains, qui vivent dans la peur constante des Zoanthropes, ces êtres considérés comme extrêmement dangereux, qui peuvent se transformer en animal. Bien qu’ils soient censés vivre de l’autre côté du monde, nombreux sont ceux qui se cachent parmi les humains, et même la présence des intervenators ne suffit pas à faire régner un climat de sécurité. Pour cette raison, tous les jeunes doivent se soumettre à un examen d’entrée de l’université, qui détermine si leurs gènes ont muté. Si le test est positif, ils doivent s’enfuir et échapper à la traque des humains pour retrouver le technobus qui les emmènera sur le continent Zoanthrope.
Personne n’est à l’abri d’une mutation, et c’est donc avec beaucoup d’appréhension que l’héroïne, Shina Sirkis, se rend à l’examen. Sa mère biologique ayant été elle-même Zoanthrope, elle sait qu’il y a un risque qu’elle se retrouve obligée de fuir, mais même si elle parvenait alors en territoire Zoanthrope, il n’y aurait aucune certitude qu’elle survive face à cette race dangereuse.
L’opposition entre deux continents est extrêmement bien mise en scène. Bien que semblables sur plusieurs points, on se rend vite compte de plusieurs différences fondamentales. Et quelle version de l’histoire faut-il croire ? L’héroïne et ses nouveaux compagnons d’aventure comprendront bien vite que la vérité n’est peut-être pas celle qu’ils pensent connaître. Mais distinguer les personnes en qui ils peuvent avoir confiance et celles qui tentent de les tromper pour leurs propres intérêts n’est pas aussi facile qu’il y paraît. Contrairement à de nombreux romans de ce genre, l’auteur ne bascule pas dans le cliché noir-blanc : les personnages sont décrits dans toutes les nuances de gris, ce qui garantit une action palpitante du début à la fin.

Une action palpitante et des réflexions profondes

Dans un roman de science-fiction jeunesse, il est clair que l’action joue un rôle central dans l’intrigue, et Zoanthropes relève le défi avec succès : dès le premier chapitre, nous voilà plongés dans les mystères ; les interrogations surgissent au fil des événements, nous laissant à peine le temps de respirer avant que les prochaines péripéties ne surviennent. Malgré un rythme soutenu, l’action est toutefois facile à suivre grâce à une organisation sans faille et une plume à la fois simple et élégante.
La grande force de ce roman ne réside toutefois pas seulement dans l’action. En effet, le fait de confronter l’image qu’ont les humains des zoanthropes et inversement invite à la réflexion. De l’identité à la propagande, en passant par l’organisation hiérarchique d’une société, il n’est pas difficile de transposer la situation de ce monde du futur dans la société contemporaine. De manière naturelle, des thèmes profonds sont abordés, mais c’est au lecteur que revient la responsabilité de se faire sa propre idée.
Des personnages attachants et bien développés, un monde futuriste mais réaliste, deux races ayant chacune leur version de l’histoire, une action palpitante et pleine de suspense, des réflexions profondes sur des thèmes actuels... Tous les ingrédients sont réunis pour le premier tome d’une série à succès ! Matthias Rouage nous livre donc un magnifique premier roman en vente dès le 10 mai.
Je remercie du fond du cœur les éditions Scrineo pour leur confiance et le forum A&M pour l’organisation de ce tour, sans qui je n’aurais sans doute jamais découvert cette perle de la science-fiction jeunesse. Bien évidemment, merci également à l’auteur, qui a su me faire voyager dans un monde peuplé de créatures étranges, et qui pourtant se rapproche bien du nôtre. Après un tel coup de cœur, je compte bien poursuivre sur ma lancée avec la lecture de romans de science fiction et c’est avec beaucoup d’impatience que j’attends le second tome !



Partenariat avec les Éditions Scrineo Jeunesse
Ma chronique sur le blog de l'auteur Éditions Scrineo Jeunesse
Un grand à la maison d'édition pour sa confiance
Sortie officielle le 10 mai 2013
Le blog de l'auteur


Après la vague d'Alexander Key



Auteur : Alexander Key
Titre original : The incredible tide
Traducteur : Arnaud Guillemette
Date de publication : 2012
Editions : Éditions Aux forges de Vulcain
Pages : 177
Mon avis: 


* Il vit la brume qui environnait Industria, et perçut son odeur bien avant que le navire ne s'approchât suffisamment pour qu'il pût la distinguer. Il y avait dans cette étendue vaste et laide quelque chose de vaguement familier. Avec un dégoût grandissant, il fixait du regard les ares de tuyaux emmêlés et les réservoirs, la fumée épaisse qui montait de certaines cheminées, et l'amas énorme de bâtiments en plastique, qui se dressaient brutalement entre la mer et les mornes collines. *

« Les cris des oiseaux marins, ses seuls amis, et les petits galets qu’ils laissaient tomber sur sa hutte, tirèrent Conan du sommeil dès l’aube. A quatre pattes, il sortit précipitamment, et courut jusqu’à la plage étroite, persuadé qu’un banc de poissons s’était aventuré dans l’un de ses pièges. Les oiseaux le prévenaient toujours de cette façon lorsque le poisson était pris au piège, mais il ne tarda pas à découvrir que ceux-ci étaient vides, et les mouettes et les sternes continuaient de tournoyer à ses côtés, en poussant de grands cris. Qu’essayaient-ils de lui faire comprendre ? »

(Résumé du site de l'éditeur) Après de longues années de guerre et un cataclysme, le monde occidental est détruit. A 17 ans, Conan est un rescapé qui vit sur un îlot depuis cinq ans lorsque l’arrivée d’un bateau arborant le pavillon ennemi vient rompre sa solitude. Emmené contre son gré, Conan découvre la ville de l’Ordre nouveau, Industria, dans laquelle sa force physique et son intelligence le destinent à la condition d’ouvrier. Cependant, Conan refuse de se soumettre à la hiérarchie sociale d’une cité dont il exècre le fonctionnement totalitaire. Mû par son esprit d’indépendance et son désir de retrouver les siens à High Harbor, une petite cité qui résiste tant bien que mal à la suprématie de l’Ordre nouveau, il trouve l’aide nécessaire pour planifier sa fuite.
Imaginez que, dans un monde prédominé par la guerre, une catastrophe naturelle cause des dommages irréversibles pour l’être humain. Imaginez qu’une énorme vague recouvre la plupart de la planète, engloutissant des villes entières et leur population. Imaginez que les survivants se retrouvent privés des inventions scientifiques qui ont révolutionné le monde et que leur mode de vie devienne proche de celui des hommes primitifs. Qu’adviendrait-il alors de l’humanité ?
Voici le point de départ du roman d’Alexander Key, Après la vague. Suite au « Changement », la mer a recouvert la planète, ne laissant que peu de terres émergées. Le jeune Conan vit sur un îlot, avec pour seule compagnie, des oiseaux, et il doit se battre jour après jour pour survivre. Lorsqu’il est secouru, ce qui devrait être une délivrance se révèle pourtant pire encore que ce qu’il avait vécu jusque là : emmené à Industria, la ville régie par l’Ordre Nouveau, il découvre un système révoltant auquel il refuse de se soumettre. Heureusement, Conan n’est pas aussi seul qu’il le croit et un vieil ami l’aidera à accomplir sa mission.
Le résumé proposé sur le site de l’éditeur m’a immédiatement fait penser à La planète des singes, de Pierre Boulle, qui m’avait beaucoup plu à l’époque. Malgré mon manque d’expérience de romans post-apocalyptiques et de science fiction, je me suis laissé entraîner dès les premières pages dans ce monde d’après le Changement. Une écriture agréable nous entraîne aux côtés de Conan dans ce monde hostile et le roman est parfaitement rythmé par l’action. C’est au fil des évènements que nous en apprendrons plus sur les personnages et les évènements qui ont changé le monde.
Comme tout livre de ce genre, nous assistons à la dénonciation du comportement irresponsable de l’être humain ; le Changement est une conséquence de leurs guerres, de leurs luttes pour le pouvoir et d’un grand manque d’attention portée à la planète. Nous ne savons que très peu de choses sur le monde avant cette grande catastrophe, mais il n’est pas difficile d’imaginer qu’il s’agissait de la Terre que nous connaissons. S’opposent par la suite deux villes dans lesquelles les hommes ont réagi tout à fait différemment : Industria et High Harbor.
Industria est en quelque sorte le pire qui peut arriver, une ville parfaitement artificielle, où le système favorise les gens ayant du pouvoir par rapport aux citoyens de deuxième et troisième classe. Les marqués, quant à eux, n’ont aucune chance. Un climat d’oppression règne dans cette zone, là où tout le monde est prêt à dénoncer les autres pour accéder aux richesses qui sont réservées aux dirigeants. Toutefois, même si ce lieu représente une sorte d’enfer, les personnages ne sont pas tous « mauvais » ou « bons ». Si principaux membres de l’Ordre Nouveaux ont clairement de mauvaises intentions, et Conan et les siens, de nobles intentions, les autres protagonistes sont bien plus nuancés. Comme l’explique le Professeur, comment ne pas admirer ceux qui ont survécu au Changement et se sont adapté à ce nouveau mode de vie.
À High Harbor, bien que la situation soit différente, il y a également des problèmes et l’on remarquera bien vite qu’on est loin du paradis. Ici, tout est naturel et nombre d’hommes sont redevenus des « sauvages ». Or, des luttes pour le pouvoir se préparent également, conséquence inévitable du manque de ressources et de l’impuissance des habitants face aux forces de la nature. Lequel de ces deux endroits est donc préférable ? L’auteur ne nous le dit pas, et tout lecteur comprendra sans doute qu’un compromis entre nature et science pourrait être une option.
Le contraste entre Conan, jeune inexpérimenté, et le Professeur, le grand savant connaissant le secret qui pourrait les sauver, est très intéressant. Tous deux se battent pour la même chose, mais le jeune homme a encore beaucoup à apprendre ; de même, le Professeur ne peut mener à bien sa mission tout seul. Alexander Key nous propose ici une solution pour survire à des situations qui paraissent insurmontables : l’entraide. De nombreux survivants souhaitent reconstruire un monde meilleur qu’auparavant, mais face aux difficultés, ils doutent et désespèrent. Et, pendant ce temps, d’autres en profitent pour assouvir leur soif de pouvoir.
Les protagonistes sont hauts en couleur et bien développés. Il est facile de s’attacher à Conan au fil des pages, ainsi qu’aux siens, qu’il s’agisse du Professeur, de Lanna, son amie d’enfance, du docteur Shann ou des autres survivants. Comment ne pas admirer leur courage ? Quant aux personnages secondaires, bien qu’ils ne soient qu’esquissés, ils nous donnent matière à réfléchir tant ils suscitent des émotions contradictoires.
La science et le surnaturel se côtoient sans cesse, mélange qui ajoute encore de l’intérêt à l’intrigue. Les inventions technologiques sont aussi importantes que la voix qui guide nos héros. Par ailleurs, dans un monde où les moyens de communication modernes ont disparu, la télépathie prend une dimension très importante et resserre les liens entre différents personnages.
La fin du roman est très ouverte, ce que j’ai apprécié, car c’est au lecteur d’imaginer la suite. Et, au vu des derniers évènements qui surviennent, Après la vague est finalement bien plus qu’un simple avertissement ou une critique de la société ; c’est avant tout un message d’espoir qui nous est livré par des mots simples et un style élégant. Et si un mélange de science et de foi, d’amitié et d’entraide, était la solution aux problèmes de l’humanité. Une traduction de qualité pour un roman magnifique.
Je remercie du fond du cœur les éditions Aux Forges de Vulcain de leur confiance et le forum A&M pour l’organisation de ce partenariat. Ce fut un véritable coup de cœur que je recommande à tous, petits et grands !


Partenariat avec les Éditions Aux forges de Vulcain
Un grand à la maison d'édition pour sa confiance

La Dame sombre d'Ambre Dubois




Auteur : Ambre Dubois
Date de publication : 2012
Editions : Éditions du Chat Noir
Pages : 304
Mon avis: 

* Là, entre deux hautes pierres sombres, parfaitement immobile, se tenait un jeune homme enveloppé dans une lourde et épaisse cape noire. Sous sa capuche dégoulinante d'eau, je pus apercevoir des parcelles de son visage. Un visage d'une blancheur d'outre-tombe, dur et menaçant, creusé d'ombres et d'obscurité.
Et surtout, ce qui me coupa le souffle dut la vision de ses deux yeux flamboyants d'une lueur d'un rouge écarlate diabolique, reflétant les flammes de l'enfer. Nul être humain ne pouvait posséder pareil faciès et regard aussi terrifiant. *

Au pied d'un cercle de menhirs, une jeune femme aux cheveux et aux yeux couleur corbeau se réveille. Qui est-elle ? Elle l'ignore. Où se trouve-t-elle ? Elle va bientôt le découvrir...
En plein territoire picte, résistant aux envahisseurs romains, une tribu celte recueille la mystérieuse femme. Rapidement, elle va se trouver mêlée au quotidien de ce peuple, à ses légendes, à ses mystères et à ses désespoirs. Le cercle de pierres sera-t-il la clef qui lui rendra son identité ?
À moins que ce ne soit le vampire qui la surveille dans l'ombre...
La Dame sombre, premier tome des Damnés de Dana, nous entraîne immédiatement dans le vif du sujet. Une jeune femme se réveille au pied d'un cercle de menhirs, incapable de se rappeler son identité. Forcée à fuir par un étrange personnage menaçant, elle est recueillie par un clan picte et s'installe avec eux en attendant de retrouver la mémoire. Cependant, la quête de son passé n'est pas la seule préoccupation de la jeune femme ; en effet, le peuple celte est menacé, non seulement par les créatures des Ombres, mais également par les Romains, qui poussent leur conquêtes de plus en plus au nord du mur d'Hadrien.
Comme j'ai un intérêt particulier pour le monde celte, c'est tout d'abord le décor et la période durant laquelle se déroule le roman qui m'ont attirée : des lieux magnifiques où la nature est reine, des légendes passionnantes, des dieux et autres créatures mystérieuses... L'idée d'y introduire des vampires me paraissait intéressante, quoique un peu étrange, car je ne les aurais jamais imaginés dans ce contexte. Je dois toutefois admettre que je me suis rapidement laissé séduire par ce mélange inédit qu'est la rencontre entre Pictes, Romains et vampires... et peut-être même d'autres créatures mystérieuses, qui sait?
La plume d'Ambre Dubois m'a une fois encore transportée par sa légèreté et son côté poétique. Malgré un rythme plutôt lent dans certains passages, on ne se lasse pas de la lecture; les mots nous portent de découvertes en mystères, nous poussant à chercher des réponses, aux côtés de l'héroïne, sur son identité. De plus, les explications historiques nous permettant de faire connaissance avec les dieux et la culture celte s'insèrent très naturellement dans le récit ; n'importe quel lecteur a donc les clefs en main pour comprendre cette période passionnante de l'histoire.
L'intrigue en elle-même est bien construite, même si j'ai parfois trouvé qu'elle méritait d'être un peu plus développée ; tout semble un peu simple, les pièces du puzzle s'emboîtent de manière un peu trop parfaite pour que les événements soient réellement crédibles. De même, la relation amoureuse qui s'instaure entre notre héroïne et son jeune guerrier est un peu trop rapide à mon goût, mais ces passages romantiques sont toutefois très agréables et romantiques.
Nous rencontrons plusieurs autres personnages, ce qui est très agréable car nous ne nous focalisons par uniquement sur l'héroïne, comme c'est bien souvent le cas dans ce type de romans. Ainsi, chaque personne est bien développée et les descriptions précises des scènes nous permettent généralement de nous faire une idée précise de leur personnalité, y laissant toutefois la part de mystère nécessaire, en particulier dans le cas de vampires.
Si la première partie du roman s'écoule de manière relativement paisible, malgré les différentes menaces pesant sur le clan picte et les interrogations de notre héroïne, la fin présente un retournement de situation qui m'a incroyablement surprise. Autant dire que je ne m'y attendais pas du tout et que l'effet est donc très réussi. L'unique élément que je pourrais critiquer dans ce sens, sans en dire trop pour ne pas gâcher le plaisir des lecteurs, est que les raisons données pour expliquer cet acte me paraissent un peu faibles. En réfléchissant aux conséquences que cela entraîne, j'ai de la peine à m'imaginer que tout ait commencé ainsi. Cependant, comme il ne s'agit ici que d'un premier tome, la suite nous réserve peut-être encore des surprises et d'autres explications un peu plus convaincantes.
Ambre Dubois nous propose donc un roman riche en rebondissements, mêlant histoire et fantasy: dans un monde où la religion de Rome devient si importante sur tout le continent, nous découvrons les anciennes croyances d'un peuple celte proche de la nature et polythéiste qui doit se battre pour conserver sa culture et ses traditions. Des éléments mystiques s'ajoutent ensuite à la trame, nous proposant un alliage pour le moins original.
La Dame sombre est mon premier coup de cœur de l'année. Je remercie le forum A&M pour l'organisation de ce tour, les Éditions du Chat Noir pour leur confiance et, bien sûr, l'auteur pour son histoire entraînante et originale. J'attends la suite avec grande impatience !

Partenariat avec les Éditions du Chat Noir
Un grand à la maison d'édition pour sa confiance

Naya, La colonie d'Astrelof de Natacha Catel


couverture livre

Auteur : Natacha Catel
Date de publication : 2012
Editions : Éditions Persée
Pages : 280
Mon avis: 

* Au commencement, au grand commencement, il n'y avait rien. Pas une brique n'avait été posée sur ces plaines. Jusqu'au jour où Altima la reine de la Contrée des âges, la Terre, et Shetlem seigneur de Terranova d'unirent pour former des descendants qui régneraient sur les deux mondes. De leur union naquirent Pélos, Yora, Bérétot et Iranie. *

Pour les grandes vacances, les parents de Naya décident de l'envoyer en colonie de vacances. Là, elle se lie d'amitié avec une jeune fille drôle et dynamique, Stessie, puis avec Lucas, le rebelle courageux. Ensemble, ils essayent de percer les secrets de l'équipe d'animation qui se comporte bizarrement. La colonie regorge de mystères et le trio, en cherchant à les éclaircir, découvre un libre étrange : il révèle l'existence d'un monde inconnu, rempli de magie et de créatures extraordinaires.
L'arrivée d'un être diabolique déclenche de véritables hostilités. Unis par le lien invisible d'une origine commune, les adolescents doivent livrer un combat où l'esprit d'équipe est synonyme de survie...
C’est la quatrième de couverture qui m’a attirée, sa promesse d’un univers mystérieux et extraordinaire. L’envie de relire un peu de fantasy pour changer de mes dernières lectures, aussi. Tout commence pourtant dans un monde parfaitement normal, où l’on découvre la vie de Naya, adolescente de seize ans, et de ses amis. Très vite, on accompagne l’héroïne dans un endroit étrange : la colonie d’Astrelof. Là, avec ses nouveaux amis, elle cherchera à éclaircir les mystères qui entourent ce lieu et à se protéger de la force maléfique qui les menace.
Je dois avouer qu’il m’est plutôt difficile de donner mon avis sur ce roman. En effet, un grand nombre de petits détails m’ont gênée au fil des pages. Pourtant, globalement, je ressors de ma lecture avec un sentiment plutôt positif et j’ai bien l’intention de lire la suite quand elle sera publiée. Je remercie donc le forum A&M pour l’organisation de ce tour et les Éditions Persée pour leur confiance.
Naya, la colonie d’Astrelof est un roman jeunesse qui n’invente rien. Des adolescents en apparence normaux qui appartiennent à un autre monde. J’ai pourtant trouvé l’idée de départ assez originale ; situer la colonie de vacances dans une sorte d’ « entre deux mondes » m’a séduite d’emblée. En revanche, ce qui m’a moins convaincue, c’est la vitesse à laquelle tout devient étrange ; j’aurais préféré un passage un peu plus en douceur de notre monde réel à celui d’Astrelof. Je suis du même avis en ce qui concerne le caractère et les agissements des adolescents : trop insouciants, trop superficiels, trop stéréotypés… On peut en grande partie prévoir ce qui va survenir, que ce soit ou au niveau de l’action ou au niveau psychologique. Leurs caractères mériteraient d’être affinés pour donner de la profondeur à l’histoire et le développement de leurs relations gagneraient à être moins prévisibles.
Quant à l’action elle-même, elle m’a beaucoup plu, même si je trouvais sa consistance assez irrégulière : parfois, tout semble presque arrêté alors qu’à d’autres moments, tout se déroule si vite qu’on a à peine le temps de se rendre compte de ce qui se passe avant que cela ne se termine. L’équilibre est donc un peu perturbant, mais les petits aperçus ponctuels que nous avons du monde mystérieux sont prometteurs et nous permettent d’avancer rapidement.
A propos de ce monde, justement, je voulais tout d’abord commencer ma chronique en disant ma déception de ne jamais réellement le découvrir. Puis, en y réfléchissant bien, j’ai changé d’avis parce que je pense que c’est, en fait, une des forces de ce roman. En effet, comment nous donner plus envie de lire la suite qu’en nous promettant un voyage dans cet univers ? Un premier tome est toujours une introduction à la suite de la saga, mais on y découvre normalement l’univers dans lequel évolueront les protagonistes par la suite. Ici, ce n’est exactement le cas. Bien que l’on apprenne quelques éléments qui seront sans aucun doute capitaux pour la suite et que l’on rencontre des personnages apparemment centraux, on n’a qu’une quantité limitée d’informations sur ce monde magique, les créatures qui le peuplent et la mission des protagonistes. Tout n’est que suggéré et nous laisse imaginer une suite complètement ouverte, qui nous réservera sans doute bien des surprises.
L’élément qui m’a le plus dérangée dans ma lecture est probablement le style de l’écriture. S’il est simple et agréable au premier abord – et bien adapté au roman jeunesse – la présence de plusieurs erreurs syntaxiques et de tournures et expressions peu naturelles ou idiomatiques m’a freinée dans mon enthousiasme. J’ai trouvé cela vraiment dommage car, de manière générale, le tout s’enchaîne plutôt bien et se lit de manière fluide.
Pour finir sur une note positive, j’admettrai avoir un faible pour le personnage de Naya, même si j’espère que l’auteur s’attardera un peu plus sur sa psychologie dans les prochains tomes. Sa manière de mener le groupe est impressionnante et je me réjouis de découvrir son histoire et ses liens avec ce monde étrange. Les premières pages, durant lesquelles elle rencontre ses amis de longue date, sont également très touchantes. Avec un peu de chance, on assistera à une autre de leur rencontre par la suite, même si la vie de la jeune fille est désormais bien différente.

Partenariat avec les Éditions Persée
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La balançoire de Raymonde Malengreau


couverture livre

Auteur : Raymonde Malengreau
Date de publication : 2012
Editions : Éditions Chloé des Lys
Pages : 89
Mon avis: 

* Moi, l’arbre à clous, vieux de cinq cents longues années, je m’enracine, tout perclus, à l’orée d’un bois très ancien que les machines agricoles ont grignoté peu à peu. Si bien qu’il se réduit maintenant à un îlot dont les champs seraient la mer. *

Enfance ne rime pas avec innocence.
Les fruits ne sont pas tous bons pour la santé.
Les poudres bleues ne sont pas forcément magiques.
Mais les alcôves le sont parfois.
Les rivales ne sont pas celles que l'on attendait.
Et certains arbres parlent à ceux qui savent les entendre.
Écrire reste une aventure.
De quoi est faite la vie humaine ? Si l’on faisait un sondage, on obtiendrait probablement autant de réponses à cette question qu’il y aurait de participants. L’une d’entre elle pourrait être la suivante : la vie humaine est faite de rencontres, plus ou moins ordinaires. Rencontres amoureuses, amitiés, mais pas seulement. Parfois, il arrive que notre chemin croise celui d’un objet extraordinaire, qui compte pour nous, ou qui éveille des souvenirs depuis longtemps endormis. La balançoire raconte justement quelques-uns de ces petits épisodes de vie humaine.
Hormis ce lien grossier tissé par les hommes, les dix nouvelles qui composent ce recueil n’ont, à mon avis, pas d’autre point commun réel. Loin d’être un défaut, cette particularité a su me séduire car elle laisse une grande liberté à l’auteur, qui ne cesse de nous surprendre. Autant le dire tout de suite, ce livre a été un vrai coup de cœur et ce, pour plusieurs raisons.
J’ai tout d’abord été attirée par la couverture. Auparavant, plusieurs ouvrages de cette maison d’édition m’avaient déçu en raison de la mauvaise qualité des images, mais ce n’est pas le cas ce celui-ci : l’aquarelle – réalisée par l’auteur en personne, comme je l’ai appris en commençant ma lecture – s’accorde parfaitement au ton des courtes histoires et est en harmonie parfaite avec le titre. Quant au résumé présent sur la quatrième de couverture, il est parfait car il dit juste ce qu’il faut, sans trop de détails, ce qui n’est pas une chose facile lorsqu’il s’agit d’un recueil de nouvelles.
La mise en page est modeste, mais très propre, et la taille de police agréable à lire. Les nouvelles ont des longueurs variables, allant de six à douze pages, et le tout se lit donc relativement rapidement. J’ai immédiatement été séduite par la plume de l’auteur. D’apparence fluide et simple, elle est toutefois composée d’un vocabulaire recherché, en particulier lors des descriptions, ce qui lui donne un charme très particulier. De plus, même si nous ne rencontrons chaque personnage que pour l’espace d’un instant, de quelques pages, en réalité, on a le temps de s’attacher à eux. Sans se perdre dans des descriptions de leur caractère et habitudes, Raymonde Malengreau a su trouver les anecdotes adéquates pour les rendre humains et réalistes, ce qui est une qualité non négligeable, surtout pour des textes de cette longueur.
Toutes les nouvelles m’ont plus, sans exception, même si certaines m’ont plus émue ou touchée que d’autres. Nous faisons connaissance de personnages différents à chaque fois, venant de milieux variés, faisant diverses rencontres qui ont une certaine importance dans leur vie. Certains sont des enfants, d’autres des parents, d’autres encore des personnes âgées. On a un aperçu de plusieurs générations, comme si l’auteur avait voulu nous donner un éventail de ce que l’on peut trouver sur terre. Il y a des objets, aussi, et des lieux. Tant de choses qui peuvent paraître sans importance au premier abord, mais qui prennent vie dans ces magnifiques récits.
Dans cette chronique, je ne résumerai pas les nouvelles car je ne veux pas gâcher ni le plaisir des lecteurs, ni l’effort de l’auteur pour créer une quatrième de couverture si réussie. Je dirai seulement qu’avec « La balançoire », premier récit du recueil, on entre doucement dans cet univers si particulier et séduisant qui nous réserve bien des surprises, et que « L’arbre à clous » est une manière magnifique et pleine d’émotion de clôturer l’ouvrage. « Rédemption » et « Transhumance » m’ont beaucoup plu, peut-être en raison de leur côté un peu mystérieux, alors que d’autres, telles que « Le pique-nique » ou « La dame aux coquelicots » m’ont séduite de par leur fin ouverte qui laisse l’esprit du lecteur libre d’interpréter les faits comme il le souhaite. En résumé, des histoires romantiques aux mystères de la vie quotidienne, La balançoire offre une palette de petites histoires différentes qui plaira à une grande diversité de lecteurs.
C’est un ouvrage que tout le monde peut lire, à n’importe quel âge. Je pense que chacun interprétera ces petites histoires à sa manière, selon sa personnalité et son vécu, mais il est certain que la grande diversité de textes proposée est un avantage. D’une plume agréable et fluide, Raymonde Malengreau nous plonge dans des mondes imaginaires qui se rapprochent pourtant tant de notre réalité… Mon seul regret ? Que ma lecture se soit terminée si vite.
Je remercie donc chaleureusement l’auteur pour son magnifique travail que j’admire beaucoup, et je compte bien me procurer d’autres de ses ouvrages. Un grand merci également aux Editions Chloé des Lys pour ce partenariat et pour sa confiance, et au forum A&M pour l’organisation de ce tour. Une très belle découverte, un grand coup de cœur !

Partenariat avec les Éditions Chloé des Lys
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