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Odette Toulemonde et autres histoires d'Eric-Emmanuel Schmitt




Auteur : Eric-Emmanuel Schmitt
Date de publication : 2010
Editions : Le livre de poche
Pages : 209
Mon avis

* Ce jour-là, elle acquit deux certitudes définitives : il l'agaçait profondément et, si elle le pouvait, elle ne le quitterait jamais.*

"Cher monsieur Balsan,
Je n'écris jamais car, si j'ai de l'orthographe, je n'ai pas de poésie. Or, il me faudrait beaucoup de poésie pour vous raconter l'importance que vous avez pour moi. En fait, je vous dois la vie. Sans vous, je me serais tuée vingt fois." Odette Toulemente
La vie a tout offert à l'écrivain Balthazar Balsan et rien à Odette Toulemonde. Pourtant, elle est heureuse. Lui pas. Leur rencontre fortuite va bouleverser leur existence. Huit récits, huit femmes, huit histoires d'amour. De la petite vendeuse à la milliardaire implacable, de la trentenaire désabusée à une mystérieuse princesse aux pieds nus en passant par des maris ambigus et des mères en mal de filles, c'est une galerie de personnages inoubliables qu'Eric-Emmanuel Schmitt poursuit avec tendresse dans leur quête du bonheur.
Huit nouvelles sur le thème de l'amour et du bonheur. Huit personnages féminins très différents. Huit lieux servant de cadre à des actions variées. Dans Odette Toulemonde et autres histoires, Eric-Emmanuel Schmitt nous présente des scènes de la vie quotidienne peuplées de personnages attachants et hauts en couleur. Chaque petite histoire possède ses spécificités, mais toutes sont touchantes et surprenantes.
"Wanda Winnipeg" nous montre qu'il suffit d'un geste pour changer la vie d'une personne, et que le passé est toujours important, même si l'on tente de l'oublier à tout prix. C'est probablement la nouvelle qui m'a le plus plu. Je l'ai trouvée extrêmement touchante et bien construite – même si le tout joue un peu sur les stéréotypes – et la fin inattendue et très belle.
"C'est un beau jour de pluie" s'occupe d'un thème bien plus sérieux: la mort. La manière dont elle est présentée est toutefois divertissante, basée sur deux personnages diamétralement opposés... qui ont peut-être plus à partager qu'ils ne l'imaginent. Les dernières lignes, un peu surprenantes, nous ramènent au début et amènent le lecteur à revivre cette histoire encore et encore.
Dans "l'intruse", nous suivons Odile, une femme persécutée par une intruse qui s'introduit sans cesse dans son appartement, sans but apparent. Le style de l'auteur nous emmène au plus profond des pensées d'Odile, ressentant sa confusion et sa peur qui grandissent au fil des pages. La fin m'a toutefois déçue, car j'avais pu deviner le fin mot de l'histoire avant de le lire.
"Le faux" nous présente Aimée, une femme désillusionnée après sa séparation, et une jeune étudiante amenée à vivre avec elle, Kumiko. Le point fort de cette histoire est sans doute le double point de vue présent du début à la fin. Cela montre bien que chacun peut interpréter les faits à sa manière, et la fin, bien qu'un peu cliché, m'a paru être une jolie leçon de morale.
"Tout pour être heureuse" m'a perturbée, tant par son début que par sa fin. Le titre en dit déjà long sur le contenu et la typologie de l'héroïne, mais il laisse également sous-entendre que ce n'est, en quelque sorte, qu'une illusion – sinon, si elle était réellement heureuse, il n'y aurait pas d'histoire, non? De manière classique, le lecteur apprend qu'il y a un secret derrière cette femme en apparence si parfaite. La fin vient toutefois tout chambouler, nous amenant à nous questionner sur l'importance du moment présent.
"La princesse aux pieds nus" est une autre des nouvelles qui m'ont le plus séduite. Très courte, elle met en scène un petit acteur qui tente de retrouver la mystérieuse princesse avec qui il a passé une nuit lors de ses premiers succès. Elle se termine par un revirement de situation très inattendu qui montre bien que chacun perçoit les autres à sa manière.
"Odette Toulemonde", qui a donné le titre au roman, ne m'a pas transportée autant que je l'espérais. Le début, l'admiration d'Odette pour un écrivain et leur rencontre, m'a beaucoup plu, mais la suite manquait, à mes yeux, de réalisme. Tout semblait trop parfait, une histoire à l'eau de rose qui se résout de manière aussi simple. Néanmoins, il peut être agréable de rêver de temps à autres.
"Le plus beau livre du monde" change complètement de décor et nous emmène dans un goulag. Les femmes qui y ont été envoyées tentent de fabriquer un livre à transmettre à leur famille, mais comment trouver les mots justes à apposer sur un espace si réduit? C'était sans compter sur l'idée de génie de l'une d'entre elles.
Toutes ces histoires nous invitent à partager quelques pages avec des personnages provenant de tous milieux. Si certains thèmes sont récurrents, tels que l'amour, le bonheur et l'art, chaque récit présente un certain nombre de particularités quant au contenu et à la technique narrative, ce qui a l'avantage de maintenir notre attention éveillée au fil de la lecture. Plus que par le contenu, c'est par la construction des histoires que j'ai été impressionnée: les revirements de situation, les petits récits d'évènements ordinaires qui pourraient arriver à n'importe qui d'entre nous, les surprises qui nous guettent au fil des pages. Même si le tout est, dans l'ensemble, assez romantique (probablement trop pour certains lecteurs), c'est un livre très agréable qui se lit facilement. À mon avis, c'est une lecture de plage parfaite, tant pour le thème que pour la division en histoires courtes, qui nous permet d'interrompre notre lecture plus facilement.

Merci à Cloé et sa famille de m'avoir prêté ce livre

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La balançoire de Raymonde Malengreau


couverture livre

Auteur : Raymonde Malengreau
Date de publication : 2012
Editions : Éditions Chloé des Lys
Pages : 89
Mon avis

* Moi, l’arbre à clous, vieux de cinq cents longues années, je m’enracine, tout perclus, à l’orée d’un bois très ancien que les machines agricoles ont grignoté peu à peu. Si bien qu’il se réduit maintenant à un îlot dont les champs seraient la mer. *

Enfance ne rime pas avec innocence.
Les fruits ne sont pas tous bons pour la santé.
Les poudres bleues ne sont pas forcément magiques.
Mais les alcôves le sont parfois.
Les rivales ne sont pas celles que l'on attendait.
Et certains arbres parlent à ceux qui savent les entendre.
Écrire reste une aventure.
De quoi est faite la vie humaine ? Si l’on faisait un sondage, on obtiendrait probablement autant de réponses à cette question qu’il y aurait de participants. L’une d’entre elle pourrait être la suivante : la vie humaine est faite de rencontres, plus ou moins ordinaires. Rencontres amoureuses, amitiés, mais pas seulement. Parfois, il arrive que notre chemin croise celui d’un objet extraordinaire, qui compte pour nous, ou qui éveille des souvenirs depuis longtemps endormis. La balançoire raconte justement quelques-uns de ces petits épisodes de vie humaine.
Hormis ce lien grossier tissé par les hommes, les dix nouvelles qui composent ce recueil n’ont, à mon avis, pas d’autre point commun réel. Loin d’être un défaut, cette particularité a su me séduire car elle laisse une grande liberté à l’auteur, qui ne cesse de nous surprendre. Autant le dire tout de suite, ce livre a été un vrai coup de cœur et ce, pour plusieurs raisons.
J’ai tout d’abord été attirée par la couverture. Auparavant, plusieurs ouvrages de cette maison d’édition m’avaient déçu en raison de la mauvaise qualité des images, mais ce n’est pas le cas ce celui-ci : l’aquarelle – réalisée par l’auteur en personne, comme je l’ai appris en commençant ma lecture – s’accorde parfaitement au ton des courtes histoires et est en harmonie parfaite avec le titre. Quant au résumé présent sur la quatrième de couverture, il est parfait car il dit juste ce qu’il faut, sans trop de détails, ce qui n’est pas une chose facile lorsqu’il s’agit d’un recueil de nouvelles.
La mise en page est modeste, mais très propre, et la taille de police agréable à lire. Les nouvelles ont des longueurs variables, allant de six à douze pages, et le tout se lit donc relativement rapidement. J’ai immédiatement été séduite par la plume de l’auteur. D’apparence fluide et simple, elle est toutefois composée d’un vocabulaire recherché, en particulier lors des descriptions, ce qui lui donne un charme très particulier. De plus, même si nous ne rencontrons chaque personnage que pour l’espace d’un instant, de quelques pages, en réalité, on a le temps de s’attacher à eux. Sans se perdre dans des descriptions de leur caractère et habitudes, Raymonde Malengreau a su trouver les anecdotes adéquates pour les rendre humains et réalistes, ce qui est une qualité non négligeable, surtout pour des textes de cette longueur.
Toutes les nouvelles m’ont plus, sans exception, même si certaines m’ont plus émue ou touchée que d’autres. Nous faisons connaissance de personnages différents à chaque fois, venant de milieux variés, faisant diverses rencontres qui ont une certaine importance dans leur vie. Certains sont des enfants, d’autres des parents, d’autres encore des personnes âgées. On a un aperçu de plusieurs générations, comme si l’auteur avait voulu nous donner un éventail de ce que l’on peut trouver sur terre. Il y a des objets, aussi, et des lieux. Tant de choses qui peuvent paraître sans importance au premier abord, mais qui prennent vie dans ces magnifiques récits.
Dans cette chronique, je ne résumerai pas les nouvelles car je ne veux pas gâcher ni le plaisir des lecteurs, ni l’effort de l’auteur pour créer une quatrième de couverture si réussie. Je dirai seulement qu’avec « La balançoire », premier récit du recueil, on entre doucement dans cet univers si particulier et séduisant qui nous réserve bien des surprises, et que « L’arbre à clous » est une manière magnifique et pleine d’émotion de clôturer l’ouvrage. « Rédemption » et « Transhumance » m’ont beaucoup plu, peut-être en raison de leur côté un peu mystérieux, alors que d’autres, telles que « Le pique-nique » ou « La dame aux coquelicots » m’ont séduite de par leur fin ouverte qui laisse l’esprit du lecteur libre d’interpréter les faits comme il le souhaite. En résumé, des histoires romantiques aux mystères de la vie quotidienne, La balançoire offre une palette de petites histoires différentes qui plaira à une grande diversité de lecteurs.
C’est un ouvrage que tout le monde peut lire, à n’importe quel âge. Je pense que chacun interprétera ces petites histoires à sa manière, selon sa personnalité et son vécu, mais il est certain que la grande diversité de textes proposée est un avantage. D’une plume agréable et fluide, Raymonde Malengreau nous plonge dans des mondes imaginaires qui se rapprochent pourtant tant de notre réalité… Mon seul regret ? Que ma lecture se soit terminée si vite.
Je remercie donc chaleureusement l’auteur pour son magnifique travail que j’admire beaucoup, et je compte bien me procurer d’autres de ses ouvrages. Un grand merci également aux Editions Chloé des Lys pour ce partenariat et pour sa confiance, et au forum A&M pour l’organisation de ce tour. Une très belle découverte, un grand coup de cœur !

Partenariat avec les Éditions Chloé des Lys
Un grand à la maison d'édition pour sa confiance
Découvrez le site web de l'auteur, avec entre autres ses aquarelles!

Le fantôme de Lady Margaret de Mary Higgins Clark


Book cover


Auteur : Mary Higgins Clark
Titre original : The Anastacia syndrome, and other stories (anglais)
Traducteur : Anna Damour
Date de publication : 1989 (traduction française: 1990)
Editions : Le livre de poche
Pages : 284
Mon avis

* Avec horreur, elle vit une femme vêtue d'une longue robe et d'une cape vert foncé passer devant les grilles de la Tour sous les huées de la foule. Elle semblait âgée d'une cinquantaine d'années. Elle marchait la tête droite, ignorant les gardes qui se pressaient autour d'elle. Ses traits bien dessinés étaient figés en un masque de rage et de haine. Des liens lui entravaient les mains par-devant, mordant dans la chair de ses poignets comme des fils de fer. Une profonde marque rouge en forme de croissant luisait à la base de son pouce dans la lumière du petit matin.*

Quel rapport peut-il y avoir entre les attentats qui ensanglantent Londres et visent la famille royale, et les recherches d'une jeune historienne sur la terrible Lady Margaret, décapitée au XVIIe siècle? La vengeance, peut-être. Ou l'hypnose?
Le surnaturel, pour des sœurs jumelles aux prises avec un psychopathe ; la passion meurtrière d'un jeune homme pour son ancien professeur ; amour, mort et loterie pour les deux amis de "Jour de chance": l'auteur de La Nuit du renard, Grand-prix de littérature policière, explore ici en cinq récits, toute la gamme du suspense et de la terreur.
Des lieux variés, différents personnages, des crimes de toute sorte, plusieurs enquêteurs chevronnés ou amateurs, du suspense… Voici les ingrédients réunis dans les cinq nouvelles du roman de Mary Higgins Clark.
« Le fantôme de Lady Margaret » est le premier des cinq récits et également les plus développé d’entre eux. Plusieurs histoires s’y entremêlent et nous plongent dans la guerre civile anglaise et la politique. Judith est une historienne qui cherche à découvrir son passé dont la route a croisé celle de Sir Stephen, prétendant au titre de premier ministre. Mais lors de recherches effectuées en vue de son prochain livre historique, il s’avère que la découverte de Lady Margaret pourrait bien mettre en péril sa relation. Surtout que plusieurs attentats dirigés contre des monuments auxquels Judith s’intéresse ont lieu et que la résolution de leur mystère presse.
Comme vous le remarquerez sans doute à la lecture de ce bref résumé, la trame narrative n’est pas des plus simples. En effet, les histoires et les époques se confondent, laissant parfois le lecteur dans une confusion habile qui contribue à garder le suspense. Le personnage principal est Judith Chase, qui se concentre d’une part sur l’écriture de son roman historique et d’autre part sur la recherche de sa véritable famille, disparue alors qu’elle n’avait que deux ans. Le lecteur entre donc dans son quotidien, partagé entre ces deux tâches, qui comprennent chacun en récit enchâssé. Nous découvrons ainsi l’histoire de Cromwell, Charles Ier et Charles II ainsi que celle de la mystérieuse Lady Margaret, et plusieurs flashbacks nous plongent dans les souvenirs de Judith – des flashbacks effrayants datant de la guerre.
Hormis ces deux « enquêtes », Judith rencontre deux personnages d’importance. Le premier, Sir Stephen, est extrêmement important car il est son fiancé. Toutefois, son travail lui prend beaucoup de temps car il espère succéder au premier ministre. Bien que moins important que Judith, il nous permet de découvrir un autre aspect important de la vie anglaise, à savoir la politique. Ce personnage est un peu cliché avec son grand manoir, ses serviteurs et ses titres prouvant qu’il descend d’une grande famille, mais il n’en est pas moins doux et gentil malgré ses lourdes responsabilités. On en vient rapidement à espérer que son mariage et sa carrière iront pour le mieux, ce qui est loin d’être gagné.
En effet, en raison d’attentats terroristes meurtriers organisés dans des lieux touristiques de Londres, la pression est plus forte encore et il n’a pas le droit à l’erreur.
L’autre personnage d’importance rencontré par Judith est le Dr Patel, un spécialiste de l’hypnose qui tentera de l’aider à retrouver ses anciens souvenirs. Mais cette science recèle plus d’un danger, comme l’apprendra Judith à ses dépens.
L’intrique très prenante de ce récit est organisée avec talent pour faire douter le lecteur. Tout en découvrant l’Angleterre – ses légendes, un chapitre important de son histoire, sa politique, … - on se demande constamment où se cache la vérité. Judith est-elle vraiment celle que l’on croit ? Quel rapport y a-t-il entre ses recherches et les attentats ? Sir Stephen deviendra-t-il premier ministre malgré son passé ?
A peine obtient-on une réponse à l’une de ces questions qu’une autre interrogation surgit. Une histoire pleine de détails intéressants et variés qui met en scène des personnages attachants et pleins de personnalité.
La seconde histoire, « Terreur dans le campus » se déroule aux Etats-Unis, lors d’une fête où se retrouvent d’anciens élèves et professeurs d’un lycée. Sur le chemin du retour, Kay disparaît et, malgré sa récente dispute avec son mari, ce dernier ne peut croire qu’elle l’a quitté. Il lui est arrivé quelque chose, il en est sûr, et il la retrouvera, avec ou sans aide.
L’intérêt principal de ce récit tient au fait que nous voyons tout à tour Kay – et ce qui lui arrive – et son mari, entouré d’une équipe qui l’aide dans son enquête. Nous découvrons petit à petit ce qui s’est passé, mais aussi les tentatives de Kay pour rejoindre son mari et l’enquête pour la sauver. L’intrigue se déroulant dans une seule ville, on voit les personnages se croiser sans se reconnaître mutuellement et s’occuper chacun de ses petites affaires, sans l’ombre d’un soupçon, ce qui fera battre notre cœur à tout rompre plus d’une fois.
La nouvelle suivant s’appelle « Un jour de chance » et est très courte (une trentaine de pages seulement). C’est celle des cinq histoires qui m’a le moins plu, malgré un magnifique coup de théâtre à la fin. On rencontre trois personnages – un couple et une de leurs connaissances – qui ont une vie plutôt grise jusqu’à ce jour qui, selon Bill, sera leur jour de chance. Mais Bill disparaît. Que lui est-il arrivé ?
L’intrigue de base est intéressante, mais je trouve qu’elle aurait mérité d’être plus développée. Le début est relativement lent et contient peut d’action, ce qui constitue un véritable contraste avec une fin extrêmement réussie. C’est toutefois une nouvelle quelque peu différente des autres qui présentées dans cet ouvrage, ce qui m’a sans doute déstabilisée : pas de véritable enquête, pas vraiment de suspense, des personnages trop ordinaires pour être attachants ou pour qu’on s’identifie à eux… Heureusement que la chute vient sauver le tout !
« L’une pour l’autre » conte la confrontation entre un assassin et sa victime. Victime qu’il pensait avoir tuée quelques années auparavant, mais il avait alors fait erreur sur la personne. Ce récit très bien ficelé se penche plutôt sur l’aspect psychologique des personnages, ce qui m’a beaucoup plu. On découvre la rencontre entre les deux protagonistes, ainsi que les méthodes utilisées par la victime pour tenter de sauver sa peau. Mais y parviendra-t-elle finalement ?
La dernière histoire est courte mais très touchante. « L’ange perdu » raconte comment une mère part à la recherche de son enfant, enlevé par son ex-mari, un criminel recherché par la police. Là aussi, nous avons deux points de vue différents : celui de la fillette et celui de sa mère. Toutes deux sont très émouvantes et leurs sentiments réciproques sont très bien analysés. L’enquête passe un peu au second plan, ce qui ne nuit en aucun cas au suspense. Parviendront-elles à se retrouver avant que quelque chose de terrible n’arrive ?
Les cinq nouvelles qui composent Le fantôme de Lady Margaret montrent une fois de plus le talent de Mary Higgins Clark pour l’écriture de romans policiers, mais dans un style un peu différent de celui dont on a l’habitude. Son jeu avec le suspense et les nerfs des lecteurs n’en est pas moins superbe, tout comme la grande variété des intrigues. J’ai apprécié le style courant et léger dans lequel les histoires sont racontées. J’ai toutefois repéré quelques fautes de français… mais rien à reprocher à l’auteur, puisqu’il s’agit d’une traduction.
Merci à mon père de m'avoir offert ce livre

De la lumière aux ténèbres, d'Ange Godart




couverture livre

Auteur: Ange Godart
Date de publication: 2008
Editions: Editions la Plume noire
Pages: 81
(Lu en fichier PDF)
Mon avis

* L'ange avance vers une douce lumière en tenant la petite fille par la main. – Je te conduis au Paradis où ta Grand-Mère et ton Grand-père t'attendent. Ils s'occuperont de toi là-haut. *

Commencez votre chemin dans la lumière que vous traversez en suivant le funeste messager accomplissant sa tâche auprès des âmes des défunts ainsi qu'en voyant sa renaissance. Voyez la lumière s'éloigner avec la déchéance d'un ange et découvrez la punition de l'ange déchu, condamné à vivre éternellement au milieu des humains qui disparaissent tous, le condamnant à la solitude. Découvrez les ténèbres en suivant les choix de mortels qui ouvrent leurs bras à la promesse de la vie éternelle en s'offrant à des vampires qui font d'eux des créatures des ténèbres. Voyez que l'enfant des ténèbres, fils des siècles, peut ressentir la tristesse et la solitude.
De la lumière aux ténèbres… Un recueil de nouvelles ? Un roman ? Difficile à dire. C’est peut-être un entre-deux, car si les personnages se retrouvent tout au long de l’ouvrage, les épisodes ne s’enchaînent pas directement les uns après les autres. On a plutôt une vision générale du thème de la mort, des anges et des vampires qu’une histoire suivie.
Ange Godart nous emmène dans un monde d’ombre et de lumière, commençant par une première partie qui a pour personnage principal le funeste messager, l’ange chargé d’emmener les morts vers l’au-delà. Derrière leur apparence simple, des considérations très intéressantes se cachent dans ces brefs épisodes. Que se passe-t-il après la mort ? L’auteur nous donne sa vision des choses grâce à ce personnage fantastique, rongé par la tristesse et le chagrin que lui apportent chacune de ses missions : bien que ceux qui quittent le monde des vivants retrouvent une personne aimée dans des lieux pour le moins paradisiaques, la brièveté de leur vie est désolante. Dans cette première partie, nous découvrons donc plusieurs des rencontres que fait le funeste messager, qui suivent le même schéma : une petite fille gravement malade, une femme qui a fait une fausse couche, un jeune homme qui a chuté dans un ravin, une jeune femme qui s’est fait poignarder, un homme mordu par un serpent…
Forcément, ces passages vers la lumière ne se passent pas sans heurts. Il y a les questions des défunts, la révolte des anges blancs qui étaient chargés de protéger les victimes et, bien sûr, les états d’âmes du funeste messager, dont la fonction est trop lourde à assumer… si bien qu’il demandera finalement au créateur de le libérer.
Dans la deuxième partie, on assiste à la renaissance du funeste messager, puisque le Créateur a mis fin au calvaire de l’ange noir. Pourtant, il faut quelqu’un pour remplacer ce dernier dans sa tâche. Ainsi, nous découvrirons comment un homme qui n’a rien demandé à personne lui succède. Les chapitres s’enchaînent de manière rapide, apportant des nouveaux éléments de compréhension au lecteur et ménageant quelque peu le suspense.
Pour la troisième partie, nous quittons le messager funeste pour accompagner un ange déchu que nous avons rencontré précédemment dans une autre nouvelle. Nous découvrons ainsi la raison de sa déchéance et la manière dont il utilise son pouvoir – ou sa malédiction – qu’est l’immortalité dans le monde des hommes. C’est à cet endroit que le peuple de vampires fait son apparition, restant toutefois dans l’arrière plan de l’intrigue.
Dans la dernière partie, les rôles sont inversés : les vampires prennent de l’importance alors que les anges ne font plus que partie de la toile de fond. On rencontrera plusieurs personnages et le point de vue utilisé pour la narration varie, ce qui apporte de la diversité au récit.
De la lumière aux ténèbres est un récit très intéressant, mais il n’est pas facile de donner son avis dessus en raison de la diversité des thèmes et des styles abordés. Si j’ai particulièrement aimé la première partie – bien que le schéma des rencontres du funeste messager soit un peu trop mécanique – la partie concernant les vampires ne m’a pas réellement séduite. J’ai eu du plaisir à découvrir ce monde inquiétant, bien que certaines coquilles et erreurs présentes dans le texte aient gêné ma lecture. Je tiens toutefois à souligner que les illustrations m’ont beaucoup plu. Réalisées par l’auteur lui-même, elles représentent très bien le contenu de l’ouvrage et sont à la fois riches en détails et sobres.
Je remercie donc le forum A&M et tout particulièrement l’auteur, Ange, de m’avoir accordé sa confiance et permis de découvrir un monde qui m’était jusqu’alors inconnu.

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Un grand merci à l'auteur pour sa confiance